N’Ko dans le monde

Après le décès de l’inventeur de l’alphabet N’ko survenu le 23 novembre 1987 à Conakry, faute d’un intérêt manifeste de la part de L’Etat guinéen, le N’ko a évolué dans un cadre non formel. Il a cependant enregistré beaucoup de progrès non seulement dans sa vulgarisation, mais aussi dans l’arène informatique notamment, l’invention d’un logiciel de transcription de l’écriture N’ko au Caire  en 1992. Depuis, les chercheurs N’ko ont transcrit entre autres, des livres de Sociologie, de Comptabilité, de finances, de Génie Bâtiments et électroniques, de Statistiques et de la médecine moderne dans une 1ère étape.

En suite, il y a eu la traduction de beaucoup de texte de lois nationales telles que la constitution guinéenne, le code foncier et domanial, le code électoral et le code des collectivités locales en guinée, ainsi que des extraits du code civil et pénal.

Puis, il y a eu la traduction et transcription des textes de lois internationales régissant les droits des femmes, des enfants, ainsi que la déclaration universelle des droits de l’homme et la Résolution 1325 du CS-ONU.

En fin, une traduction de la sainte Bible est disponible en n’ko à travers les anciens et nouveaux testaments, sans oublier la transcription en N’ko de la carte géographique de la République de Guinée et celle du Mali.

Bref, les chercheurs N’ko, à travers une synergie d’action ont beaucoup soutenu à la production des ressources linguistiques. Ce qui a fait que le N’ko s’est vite adapté à la modernité de la science, de la technique et de la technologie.

Ainsi, à partir de 2002, le N’ko a fortement attiré l’attention de l’opinion internationale, surtout les hommes de science et les organisations à caractère scientifiques.

C’est pourquoi lors de la Conférence de Markham en 2004 dans l’Etat d’Ontario au CANADA, l’organisation internationale de la standardisation (ISO) avait accueilli favorablement la candidature du N’ko pour son introduction dans l’Unicode. Cependant, elle avait clairement exprimé que l’introduction du N’ko dans l’Unicode est conditionnée au dépôt de la liste exhaustive des livres publiés en N’ko (manuscrits et saisis). A cet effet, plus de 1000 titres d’ouvrages avaient été déposés auprès de l’instance. Et en septembre 2005 à Paris, le N’ko fut introduit dans les différents systèmes et programmes des fabricants de produits informatiques.

Ici, nous ne saurons passer sous silence les efforts méritoires des partenaires potentiels comme Michael Everson, un irlandais qui a pris la responsabilité sur lui de présenter la candidature du N’ko à l’Unicode. Vous savez, cette institution, affiliée à l’ONU, ne peut recevoir de candidatures non officielles de n’importe quelle écriture, si elle n’émane pas officiellement d’un Etat membre de l’Unicode.

L’Unicode est composé d’Etats souverains ainsi que de consortiums et fabricants indépendants de produits informatiques du monde, qui tiennent annuellement un forum. A ce titre, aucune ONG ou individu non adhérant n’est habilité à porter la candidature d’un alphabet à ce forum. C’est cet irlandais qui, convaincu de la fiabilité du N’ko, l’a fait au nom de son pays, l’Irlande. Il a été soutenu par les Etats-Unis, le Royaume Uni, le Maroc et l’Egypte qui étaient émerveillés de voir un alphabet authentique issu du génie proprement africain, en plus de l’Amharique d’Ethiopie. A partir des productions à venir, les utilisateurs du N’ko auront accès à l’internet.

Mais en attendant la sortie officielle de ces appareils originaux sur le marché mondial, et en dehors du logiciel crée en 1992, des ingénieurs informaticiens comme mahamoud moufîd de l’Egypte, ont pu créer des polices N’ko pouvant être installées dans n’importe quel ordinateur pour transcrire le N’ko.

Cette mesure a permis aux chercheurs N’ko d’avoir accès à l’ordinateur pour le traitement rapide des textes N’ko, si fait qu’aujourd’hui le dictionnaire N’ko a plus de 33 000 mots et est en passe d’atteindre,  par le travail de l’académie, les 100 000 mots. Egalement, plusieurs dictionnaires bilingues sont disponobles, tels que :        N’ko – Russe ; N’ko – Anglais, N’ko – Arabe et N’ko – Français.

Cette avancée technique de l’alphabet N’ko a permis à son académie d’entreprendre des négociations avec les grands consortiums de fabrication des téléphones mobiles afin que N’ko y soient aussi incorporé. Certaines firmes asiatiques ont déjà donné leur avis favorable. Et les travaux préliminaires ont commencé à travers la traduction de 14.000 mots et langages téléphoniques à incorporer dans l’unité centrale de l’appareil.

Toutefois, ce projet pourrait être accéléré si l’Etat guinéen apportait son soutien, comme certains pays l’on fait. Par exemple le Nigeria a réussi à incorporer le Yoruba et le Haoussa dans les appareils ; l’Afrique du sud a incorporé le zoulou, le sotho et l’afrikaner.

En somme, nous pensons qu’en raison de son caractère scientifique, de l’existence d’une documentation riche et variée et d’une ressource humaine appropriée, il est grand temps pour l’Etat guinéen de s’intéresser à l’introduction de ce joyau de la culture nationale dans son système éducatif.

Le fait que le N’ko soit informatisé lève le doute sur toute contre-argumentation à caractère technique. Le fait que des écoles expérimentales et bilingues ont fait leur preuve à Siguiri, Kankan et Kérouané où les élèves des centres N’ko- français font des examens avec ceux des écoles classiques, nous pensons que l’introduction du N’ko dans le système éducatif posera peu de problèmes d’ordre technique ou pédagogique.

Quant à l’alphabétisation, nous faisons l’hypothèse que le N’ko pourrait éradiquer l’analphabétisme en guinée à court terme, s’il y avait une volonté politique du gouvernement, parce que les néo- alphabétisés en N’ko ne retombent jamais dans l’analphabétisme car, il y en a suffisamment de documents poste-alphabétisation qui garantissent la pérennisation des acquis.

En dépit de la création d’un environnement lettré, l’alphabétisation en N’ko est professionnalisant.

Force est de reconnaitre que malgré son évolution à l’informelle, le N’ko est entrain de diminuer considérablement la fracture numérique qui existe entre Citadins et Ruraux en matière d’information.

La capacité du  N’ko à transcrire les autres langues du pays et de la sous-région

unnamedLe N’ko a un caractère transnational parce qu’il dépasse largement le cadre de nos frontières nationales.

Il est enseigné à Conakry comme  à Bamako, à Bobo Djoulasso comme à Freetown,  à Abidjan comme à Lagos, à Banjul Comme au Caire.

A travers des études récentes publiées par l’académie, il ressort que l’alphabet N’ko a conquis ses lettres de noblesse tant au niveau des communautés rurales que dans les centres villes.

Un centre d’apprentissage expérimental existe à Tamisso, CRD de Madina-Woula, préfecture de Kindia, pour ne citer que cela. Ce centre alphabétise la population locale en langue nationale Soussou en utilisant le caractère N’ko. Le formateur s’appelle Sêkhou Camara.

En outre, des documents bilingues Maninka- Soussou et Maninka – Pular  ont déjà été publiés par la librairie centrale  N’ko.

Parlant toujours de la capacité du N’ko à transcrire convenablement les autres langues du pays, les ONG locales sont des témoins oculaires de cette réalité :

– En 2005, le Comité National de Lutte contre le Sida a produit des documents de sensibilisation en Soussou, Maninka, Kissi, Kpellewoo, Lomagoe en utilisant le Caractère N’ko. Et les résultats ont été concluants.

 

– Il en va de même pour la Croix Rouge qui a utilisé le N’ko dans ses campagnes de sensibilisation contre l’abus de l’emblème. Des résultats satisfaisant ont été obtenus.

– C’est le lieu de rendre hommage à l’ONG-ADIC qui utilise le N’ko depuis 1998 pour la réalisation de ses projets d’éducation à la citoyenneté.

– A part des ONG, il y a des mouvements de soutien aux partis politiques comme MFAC, qui ont véhiculé tout leur messages en alphabet N’ko. Et ils ont pu mobiliser des milliers d’élécteurs en faveur de leurs partis sur toute l’étendu du territoir.

Quant aux autres langues de la sous-région, un effet de tâche d’huile est entrain de se propager :

Au Mali, en dehors du Bambara transcrit en N’ko, des syllabaires N’ko pour le Soninké et le Tamasheq ont été utilisés dans l’alphabétisation avec succès.

En Gambie, plusieurs livres de lecture et d’enseignements en langue Mandingo ont été élaborés par des professeurs N’ko de nationalité gambienne.

En Guinée Bissau, l’alphabétisation en langue nationale Ballantant, transcrite en N’ko, a crée un engouement.

En Mauritanie, en dépit de l’enseignement du N’ko à l’Université de Nouakchott, la langue nationale Kotokoly, transcrite en N’ko, fait actuellement l’objet d’une alphabétisation fonctionnelle.

Pour toutes ces considérations objectives, nous affirmons que le N’ko émerge dans l’espace culturel et linguistique ouest africain

HarvardLe N’ko et les universités du monde :

Le n’ko est actuellement enseigné dans plusieures universités du monde, dont entre autres :

  • L’Institut N’ko de Philadelphie, comme son nom l’indique, enseigne le N’ko aux Etats-Unis depuis 1998.
  • L’Université de l’Oregon aux USA enseigne le N’ko depuis 2002 ;
  • L’université du Caire en Egypte a créé une filière de N’ko en 2002 et la première promotion est sortie en 2007.
  • L’université de Fayettville en Floride aux USA a intégré le programme du N’ko dans son cursus universitaire en 2003 sous la houlette de Dr Diane White Oyler ;
  • L’Université de St Petersburg de Russie, elle aussi en 2003 avec Valentine vitrine.
  • L’Université de Berkeley dans l’Etat de Californie, aux Usa a intégré le N’ko en 2004 dans les programmes de sa faculté des langues africaines avec le Pr Deborah Anderson ;
  • L’Institut D’étude Islamique de Bamako a créé une filière de N’ko en 2005 et à la même année, l’Assemblée Nationale du Mali a décidé la mise en place d’une commission nationale parlementaire pour la promotion de l’Alphabet N’ko.
  • L’Université de Madrid en Espagne a pris la décision d’enseigner Le N’ko à partir de l’année universitaire 2008-2009.
  • Université de Harvard en 2012.

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