Le savant Souleymane KANTE, l’inventeur de l’alphabet N’Ko

KANTE SOULEYMANE est né à Soumankoï dans la sous-préfecture de karifamoria préfecture de Kankan, il est le fils d’Amara et de Diaka Keita.
Son père fut un grand maitre d’une école coranique très florissante à Soumankoï où plus de trois cent (300) élèves venus de différents tributs de l’Afrique de l’ouest : Bambara, Malinké, Dioula, Minin, Mandingo, venant apprendre ou parfaire leur instruction.

La mort de son père marquera un tournant décisif dans la carrière de Souleymane Kanté qui n’avait que 19 ans.
Souleymane Kanté qui occupait le douzième rang, eut le privilège de se voir confier la responsabilité de s’occuper d’un important groupe d’élève de son père. Grâce à son intelligence appréciée par le défunt père, il eut cette mission qu’il assurera honorablement sous la conduite des autres frères de la famille.

A l’école de Soumankoï on enseignait la théologie islamique et les programmes qui comportaient des cours théoriques et des séances de travaux productifs permettant d’assurer l’autosuffisance alimentaire de l’établissement. La mort du grand maitre Amara  KANTE (père de Souleymane KANTE) occasionnera la dispersion de grands élèves qui avaient achevé leur formation ; et l’abandon de certain débutants qui non seulement ne représentaient plus la force de production suffisante, mais ne bénéficiaient pas aussi de la subvention du gouvernement colonial.

Ces deux raisons contribuèrent au déclin du grand centre d’étude islamique de Soumankoï .
C’est alors que Souleymane KANTE se décide d’aller à l’aventure laissant la gestion de l’école à ses grands frères. Il séjourna tour à tour à Bouaké, Abidjan, Bengerville en Cote d’ Ivoire en 1942 où il se consacrera aux activités commerciales sans interrompre ses relations avec l’école de son père. IL devient un autodidacte aux centres d’intérêts variés . C’est ainsi qu’en 1944 à Bouaké, pendant ses nombreuses lectures il rencontra les récits d’un journaliste Libanais du nom de Kamal Maroua, celui-ci avait pour vocation d’informer l’opinion de son pays sur la vie des Libanais vivant dans les colonies française et Anglaise de l’Afrique noire.
A la fin de ce récit, le journaliste déclara ceci :

L’Afrique noire recèle plusieurs dialectes non écrites dont exemple : 77 en côte d’Ivoire, ceci ne sera possible que lorsque les gouvernements africains auront décidé de leur transcription à l’exemple des prêtres qui ont fait des essais de transcription de la bible dans ces mêmes dialectes. Le journaliste note aussi qu’une tribut Libérienne ( N’vayinka) possédait un alphabet composé de 150 lettres .Malgré ce nombre de lettre d’alphabet qui est dépourvu de la lettre R, cet alphabet bien qu’incomplet valait encore mieux que l’inexistence d’alphabet dans les autres peuples noirs d’Afrique.
Cette conclusion du journaliste Libanais a touché la sensibilité de Souleymane Kanté qui a aussitôt pris l’engagement d’écrire sa langue maternelle le maninka, en utilisant les caractères arabe et latin.
Malheureusement, aucun de ces deux caractères ne lui donne entière satisfaction.
Il les abandonnera et créera son propre alphabet phonétique.

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